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Laozi
Zhuangzi
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17/03/2007
A. Gouvret
V Choix de textes (17 mars)
Laozi (Daodejing)
2
Quand chacun tient le beau pour beau vient la laideur
Quand chacun tient le bon pour bon viennent les maux...
Le sage gouverne par le non-faire
Il enseigne par le non-dire
Mais il nourrit chacun sans se l'approprier
Il accomplit sa tâche sans s'en prévaloir
Il achève son oeuvre sans s'y attacher
Et comme il ne s'y attache pas
Il se maintient
6
L'Esprit du Val ne meurt point
C'est le Mystérieux Féminin
L'huis du Mystérieux Féminin
Est racine de Ciel-et-Terre
Traînant comme un filandre à peine s'il existe
Mais l'on y puisera sans jamais qu'il s'épuise
7
Le ciel dure, la terre persiste
Qu'est-ce donc qui les fait durer et persister ?
Ils ne vivent point pour eux-mêmes
Voilà ce qui les fait durer et persister
Le sage met son corps derrière
On le place devant
Il n'a pas de souci de son corps
Par là même son corps se maintient
N'est-ce pas qu'il est sans moi propre ?
Par là même son moi s'accomplit
8
L'homme du bien suprême est comme l'eau
L'eau bénéfique à tout n'est rivale de rien ...
41
Lorsqu'un homme élevé entend la Voie
Il l'embrasse avec zèle
Lorsqu'un homme moyen entend la Voie
Il en prend et en laisse
Lorsqu'un homme inférieur entend la Voie
Il éclate de rire
La Voie s'il ne riait pas ne serait plus la Voie.
73
... La Voie du Ciel est celle
Qui vainc sans batailler
Qui répond sans parler
Qui vient sans qu'on l'appelle
Et qui oeuvre sans se forcer
Entre ses larges mailles
Le grand filet du Ciel ne laisse rien glisser
(Trad. François Houang & Pierre Leyris)
Zhuangzi
II
À partir du moment où j'instaure le Un, en ai-je déjà parlé ? Mais une fois que j'ai dit « le Un est », puis-je encore dire que je n'en ai pas parlé ? Le Un non nommé et le Un qui est nommé forment deux éléments dédoublés. Cet Un qui sans être nommé et cette parole qui nomme le Un (non encore nommé) forment (un ensemble à) deux éléments ; ces deux derniers ajoutés au premier forment donc trois unités. Et à partir de là, même le plus habile calculateur ne pourra venir au bout du compte. Que dire des gens ordinaires ? Ainsi quand on pense que pour aller du non-être à l'être on est déjà arrivé à compter jusqu'à trois, que dire lorsqu'on va de l'être à l'être ! Le mieux est de s'en abstenir et de laisser faire la nature des nombres en suspendant son action.
(Trad. Jean Levi)
XVII
- Que veux-tu dire par le Ciel, par l'humain ?
- Les chevaux et les buffles ont quatre pattes : voilà ce que j'appelle le Ciel. Mettre un licou au cheval, percer le museau du buffle, voilà ce que j'appelle l'humain ... Veille à ce que l'humain ne détruise pas le céleste en toi, veille à ce que l'intentionnel ne détruise pas le nécessaire.
(Trad. Jean-François Billeter)
VII
Ne te fais pas le réceptacle du renom, la résidence du calcul ; ne te comporte pas en préposé aux affaires, en maître de l'intelligence. Fais plutôt par toi-même l'expérience du non-limité, évolue là où ne se fait encore aucun commencement. Tire pleinement parti de ce que tu as reçu du Ciel, sans chercher à te l'approprier ; contente-toi du vide. L'homme accompli se sert de son esprit comme d'un miroir - qui ne raccompagne pas ce qui s'en va, qui ne se porte pas au devant de ce qui vient, qui accueille tout et ne conserve rien, et qui de ce fait embrasse les êtres sans subir de dommage.
(Trad. Jean-François Billeter)
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