Être et Existence, concepts bouddhiques

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Extraits du n°2 de la revue Shōri (正理) publiée par Shōri Kenkyukai (正理研究会).

Pas de date de parution, probablement fin des années 1980.

L'ensemble s'intitule Questions posées à maître Ishida.

p 13

Ishida :
... La raison pour laquelle vous me questionnez de la sorte tient à ce que vous vous sentez égaré ; de mon côté, je vous réponds parce que j'ai la compréhension de ce sujet. Bien que nous soyons réunis en un même lieu, sous la forme du monde de l'égarement et de celui de l'éveil, une différence du domaine des territoires1 se manifeste.
De la sorte,les êtres détiennent dans leur propre personne, la clef de l'égarement ou de l'éveil. L'Existence2 qui est la rétribution des actes se fait enfer, esprit affamé, animal, monde des hommes ou des cieux constituant successivement de la sorte le sujet. Toutefois, bien que l'on dise qu'ainsi se constitue la chronologie du sujet, cela ne s'effectue pas selon son bon vouloir mais selon un principe que l'on appelle la causalité des actes3.
S'il n'y avait la production conditionnée des actes, on ne pourrait atteindre le monde des cieux, ni même celui des hommes. Si l'on suit des principes erronés, le monde des asura, par exemple, s'instaure. Pour ce qui est des six voies, il en va ainsi. En ce qui concerne les mondes des deux véhicules, ou des bodhisattva ou des bouddha, il faut suivre un autre principe, il s'agit de ce que l'on appelle la pensée réflexive4. Et puisque la pratique5 de la pensée réflexive est nécessaire pour accéder à ces quatre mondes supérieurs, dans ce que nous pouvons appeler l'environnement qui se manifeste en ce lieu où nous nous tenons, des différences du domaine des territoires apparaissent et, la clef qui permet ce phénomène, chacun la détient.

Nakasugi :
À ce sujet, j'aurai une question. Par exemple, s'il y avait ici un bouddha, il manifesterait donc le monde des bouddha. Tout naturellement, ce bouddha manifesterait la Terre de la clarté paisible. Mais imaginons qu'il y ait par exemple un tremblement de terre, que la terre s'ouvre en deux et que le bouddha bascule dans cette faille, est-ce qu'il continuerait à avoir pour environnement la Terre de la clarté paisible ?

Ishida :
Pour un bouddha, il ne se passe pas de telles choses (la chute dans la faille). Il ne se retrouve pas dans un environnement qui serait plutôt celui de Don des Dieux6.

Miyashita :
Une autre question, pourquoi celui qui pratique la loi juste est-il protégé par les bonnes divinités des multiples cieux7 ? Je ne comprends pas la relation de causalité qui s'exerce en ce cas.

Ishida :
Cette relation protectrice tient à ce que c'est ici-même [là où le croyant se trouve] que les divinités bénéfiques sont produites. C'est-à-dire qu'à partir de ce lieu l'onde de la production conditionnée est émise.

Nakasugi :
Ce qui signifie qu'ici, il y a quelque chose que nous définissons comme étant les divinités bénéfiques et que c'est nous qui les poussons à agir...

Ishida :
Non, je dis juste que nous possédons la clef qui les fait apparaître. C'est comme une onde radio qui serait émise à partir de nous... Nous sommes la source de cette onde. Il y a en nous une force susceptible d'appeler une réponse dans l'environnement de la part des forces du monde du ciel8. C'est, par exemple, comparable à l'attraction de l'aimant sur le fer. Fondamentalement, l'origine se trouve dans notre propre esprit. Dans l'environnement, il y a une réponse du monde du ciel sous forme de changement ou de manifestation humaine.
Pour les hommes également, certains bénéficient de bonne fortune et d'autres souffrent de malchance. Ceux qui ont de la chance, l'ont jusqu'à ce qu'ils soient confrontés à une mauvaise destinée. Ainsi Ikéda Daisaku9 est-il protégé par le Roi-démon du sixième ciel10 et de la sorte, pour longtemps, il vit dans le monde du ciel. La clef de cela réside en la lui-même. Il possède la clef du ciel des désirs, qui bien que ressortissant du monde du ciel, en est la partie inférieure.

Miyashita :
Est-ce que cela revient à dire que l'on peut librement manoeuvrer les divinité bénéfiques des multiples cieux selon son bon vouloir ?

Ishida :
Si vous êtes un bouddha, oui. C'est pour cette raison que lors du rituel du matin, nous nous tournons vers les divinités, vers l'est. Nous utilisons la clef, pour susciter l'action des divinités. Ce n'est pas un acte orgueilleux, qui consisterait en une utilisation selon sa propre fantaisie. C'est une prière qui se fait selon le dharma.

Nakasugi :
Ainsi, c'est à cela que réfère cette citation des Écrits : "Il apparaît que les divinités protègent celui qui est doté de force sprirituelle11".

Ishida :
C'est parce que "Lorsque l'esprit est fort, la protection des divinités est forte". Lors de la persécution de Tatsunokuchi, Nichiren a adressé une remontrance au grand bodhisattva Hachiman12". Par la suite, celui-ci s'est manifesté. Cette remontrance, est la clef que Nichiren a utilisée.

Miyashita :
Il nous avait été dit que les divinités bénéfiques des multiples cieux étaient la façon dont les forces de l'univers s'incarnaient.

Ishida :
Certes mais comment en sommes-nous arrivés à ce genre d'assertion ?... L'une des raisons était qu'autrefois l'expression des mots n'était peut-être pas assez précise, immature ; même dans le style écrit la distinction entre Être et Existence n'était pas vraiment nette. L'autre raison est notre immaturité en ce qui concerne la compréhension de la loi bouddhique, nous introduisons de la confusion en appliquant les vues du monde des phénomènes objectifs au monde des phénomènes de notre propre psychisme.

Nakasugi :
Mais, lors de l'évènement de Tatsunokuchi, dans l'esprit de Nichiren, est-ce qu'il était certain qu'il ne serait pas décapité ou bien alors était-il indifférent au fait même d'être mis à mort ?

Ishida :
Vraiment, je ne sais pas... Se demander si l'on sera décapité ou non, c'est une façon duelle de voir et donc cela témoigne de sentiments ordinaires. Il n'y a pas de raison que le Bouddha juge selon les modalité des pensées et sentiments, des vues duelles des hommes ordinaires.
Ce que l'on appelle les dix mondes, c'est vraiment quelque chose de très difficile. C'est le mode d'existence de la succession des pensées... Enfer, esprits affamés, animaux, cieux, c'est selon un principe (une loi de manifestation en fonction de la cause et de la condition) que les pensées successives apparaissent.
La protection des divinités s'accomplit de la même manière. Elle ne peut s'accomplir pour ceux qui s'opposent au principe de production par association de cause et condition.

Nakasugi :
Voulez-vous dire par là, quelqu'un qui ne prendrait pas en compte la causalité et qui, par exemple, dirait : "Je veux devenir un lion" ?

Ishida :
Je dis simplement "Pas de cas où le principe ne se manifeste pas". Il est fondamental de toujours garder en considération ce que j'appelle le principe.
Les phénomènes qui se produisent résultent de l'association d'une cause et d'une condition. La cause elle est ici.
Sire Shijo Kingo avait rejoint Nichiren à Tatsunokuchi dans le but de partager son sort. À ce moment, pour les fonctionnaires présents, Shijo Kingo dans la détermination qui l'habitait, devait apparaître comme une existence dangereuse. Shijo Kingo, lui-même ne s'en rendait pas compte mais vis-à-vis des gardes, naturellement il accomplissait la fonction des divinités bénéfiques des multiples cieux. Nichiren était la cause (des divinités) et Shijo Kingo en était la condition. Lors de l'exil à Sado, il en a été de même avec le moine Abutsu.
Abutsu était quelqu'un qui était venu trouver Nichiren avec l'intention de le tuer. Mais, cette nuit-là, finalement il en est arrivé à se mettre au service de Nichiren. Pour Nichiren il a été une divinité bénéfique. Toutefois on ne peut pas penser que lui-même se disait : "Ah, je suis devenu une des divinités bénéfiques des multiples cieux !". Mais Nichiren était la cause et le moine Abutsu la condition ; en vertu de l'union harmonieuse de la cause et de la condition13, dans la personne même d'Abutsu, les divinités bénéfiques des multiples cieux se sont manifestées, et se sont révélées à Nichiren. Il est donc raisonnable de penser que pour nous aussi ; dès lors que notre foi se stabilise, nous devenons capable de produire l'action des divinités bénéfiques des multiples cieux.
Ce qui se produit en fonction de l'union harmonieuse de la cause et de la condition n'est pas du domaine de l'Être mais de celui de l'Existence. Pour la personne concernée, ce qui se produit en un instant n'est pas appréhendé comme relevant de l'Être ou de l'Existence. Et parce qu'une telle distinction ne s'effectue pas pour le sujet alors ce qui est du domaine de l'Existence est pris comme étant de l'Être (du réel). A plus forte raison à l'époque de Nichiren les concepts d'Être et d'Existence n'avait pas été mis en lumière et pour les exprimer il n'y avait que le mot "Être14".

Nakasugi :
En fait je ne comprends pas bien cette distinction fondamentale que vous introduisez entre l'Être et l'Existence.

Ishida :
Pour le dire d'une façon un peu rapide, pour soi-même, lorsque l'on peut s'interroger pour se demander si une chose aurait ou non un rapport avec soi, il s'agit de l'Être ; et lorsque l'on se dit que s'il n'y avait pas ce rapport, cette chose n'existerait pas, il s'agit de l'Existence. Et donc on emploie l'expression union obscure du lieu et de la sagesse15.
Et si, pour des choses qui n'ont pas de rapport avec soi, et que l'on ne fait que les considérer en les portant à l'intérieur de soi, ce n'est pas l'union obscure du lieu et de la sagesse mais l'union obscure du lieu avec lui-même16. Que l'on ait une sagesse superficielle ou profonde, ce que l'on perçoit par ses propres capacités et que l'on incorpore en soi c'est du ressort de l'union obscure du lieu avec lui-même. Cela n'a pas de rapport avec la sagesse. Mais, la loi merveilleuse est la loi merveilleuse de l'union obscure du lieu et de la sagesse, en la sagesse elle trouve sa structure de vision, sa source. Il en va ainsi lorsque nous considérons le texte de la deuxième assise.

Nakasugi :
Alors, est-ce que l'on peut dire que le gohonzon est du domaine de l'Être ?

Ishida :
Pas du tout, le gohonzon est du domaine de l'Existence. Dans l'Existence, c'est une rétribution du support17.

Miyashita :
Pour les hommes qui sont dans l'égarement le gohonzon est du domaine de l'Être.

Ishida :
Tout objet produit est d'un point de vue objectif du domaine de l'Être. En tant qu'objet le gohonzon a une naissance et une fin et donc, généralement, de telles choses sont considérées comme relevant du domaine de l'Être. Mais penser de la sorte se fait sans recours à la foi. Dans ce contexte, on se dit que cette chose qui est ici n'est pas le bouddha mais juste un ustensile qui se présente sous la forme de papier avec des mots inscrits dessus. C'est alors une loi extérieure au coeur. Ce n'est pas la loi de son propre coeur.
Mais que l'on s'éveille au fait que le gohonzon est le bouddha qui est l'incarnation d'Une pensée trois mille, alors on ne peut que se rendre compte qu'il est du domaine de l'Existence. Donc quand bien même on l'appelle le gohonzon, ce n'est pas un principe absolu pour autant ; les gens de l'enfer le perçoivent comme faisant partie de l'enfer. Ceux qui vont sur les chemins des esprits affamés le voient également comme relevant de leur monde. En fait, les gens de l'enfer en le voyant ont peur. Ceux qui vont sur la voie des animaux aussi, ils s'enfuient. Même les personnes qui débutent dans la foi bouddhique ne peuvent pas le considérer correctement. C'est parce que c'est du domaine de l'Existence. Montrez le gohonzon à un bébé et vous verrez qu'il n'a pas de réaction particulière. Aussi extraordinaire que soit le gohonzon, le bébé n'y a pas accès. Il n'a pas la force suffisante de la pensée (de la sagesse) qui produit l'Existence. En un mot, il n'a pas la loi de sagesse.

Nakasugi :
Alors la foi consiste à ne pas s'estimer sauvé tant que, lorsque l'on révère le gohonzon, le monde de sa propre existence ne devient pas la Terre de la clarté paisible.

Ishida :
Oui. Cela se fait naturellement. Comme conclusion on peut donc dire que c'est une bonne chose que de révérer le gohonzon. En tant qu'Existence le monde des bouddha se manifeste. Mais que l'on soit dépourvu de sagesse ou bien plein de sagesse, devenir le bouddha est la même chose, ce qui ne revient absolument pas à dire que vénérer d'une façon erronée soit bien.
Le faire d'une façon erronée, comme Ikéda Daisaku, ne permet pas de devenir le bouddha. Comme preuve symptomatique, on voit bien que ceux qui sont le plus proches de lui, comme par exemple l'administrateur général H. ou le président H., ne deviennent pas le bouddha. Ainsi c'est une manière de procéder erronée qui fait qu'Ikéda Daisaku ne devienne pas un bouddha.

Nakasugi :
Ne pas devenir un bouddha cela signifie-t-il que l'on ne peut s'échapper des six voies ?

Ishida :
Oui, Les vies et morts dans les six voies sont appelées les vies et morts déterminées18. On trouve souvent les expressions vies et morts transformables19 ou vies et morts déterminées, notamment dans certains textes tels L'Infirmation et la confirmation20. On peut dire des vies et morts déterminées qu'elles sont la transmigration dans un contexte qui est lui-même déterminé par la rétribution de causes qui naissent des passions21. Les passions sont les causes et les effets sont ceux des passions. Telles sont les vies et morts dans les six voies. Or dans ce que l'on appelle les vies et morts déterminées, on peut bien dire que l'on vénère le gohonzon mais en son for intérieur on ne sait pas ce que c'est.
Est-ce que l'on ne croit pas profondément, ou pas sincèrement, qu'en est-il au juste ?... Ou même, si l'on vénère d'une façon particulièrement incongrue, cela ne convient pas vis-à-vis du gohonzon.

Nakasugi :
J'ai une question à propos d'une citation du Hakumaï ippiō gosho parue dernièrement dans le Seikyō shinbun22. Comment devons-nous comprendre cette phrase : "La véritable voie réside dans les choses de la loi du monde" ?
Je crois bien que cet écrit accorde une importance fondamentale au monde séculier. Pour la loi bouddhique, plutôt que de se retirer au fin fond des montagnes, il vaut mieux apporter aux hommes du riz ; et ces choses telles l'administration ou le commerce, qui sont utiles à la vie des hommes, sont bien plus représentatives de la loi bouddhique.

Ishida :
Vous vous trompez. Maintenant, notre conversation a pu aborder le concept de l'Existence. Grâce à l'existence des pensées successives de la vie si, à partir du monde des bodhisattva, on révèle jusqu'au monde des bouddha, c'est la véritable voie des choses selon la loi. En une journée, nous nous levons le matin, nous déjeunons et ainsi de suite. Au fil de ces actions nous ressentons du bonheur, de la colère, de la peine, de la joie... Si dans ces pensées successives qui sont liées aux choses de la loi du monde séculier nous construisons un passage qui à partir du monde des bodhisattva permet d'accéder à celui des bouddha, alors il s'agit de "la véritable voie". C'est ainsi que dans cette phrase, "les choses de la loi" du monde séculier sont envisagées.
Les choses du monde séculier des six voies sont la scène où la "véritable voie" (le monde des bouddha) s'accomplit.
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1 Kokudo seken (國土世間), l'un des trois domaines.

2 Jitsuzon (実存).

3 Gyōgōïnga (行業因果).

4 Hansei (反省). Il s'agit d'un concept fondamental de la pratique bouddhique selon Ishida. Par ce terme que l'on peut traduire par pensée réflexive ou introspection, il décrit la pratique mentale qui permet d'avoir une pensée sur ces propres actes, sur leurs conditions et ainsi de pouvoir clarifier, organiser ce qui reste de nos actes dans la huitième conscience, la conscience réceptacle. Dans la suite de cet entretien il parle de 'faire le ménage' c'est-à-dire d'être capable durant la récitation du Titre de mettre en ordre les actes résidants en cette huitième conscience.

5 Ou ascèse : shugyō (修行).

6 Devadatta.

7 Shoten zenjin (諸天善神).

8 Tenkai (天界), le sixième des dix mondes.

9 Dirigeant de Sōkagakkai depuis 1960.

10 Dairokuten no maō (第六天の魔王).

11 Pour cette citation des Écrits de Nichiren, comme pour les suivantes, je n'ai pas été rechercher les citations exactes dans leur contexte. Je traduis juste la citation telle qu'elle apparaît dans les paroles des interlocuteurs.

12 Hachiman daibosatsu (八幡大菩薩), bien que ce personnage soit appelé 'grand bodhisattva', en fait c'est une ancienne divinité agraire qui est devenue la divinité tutélaire du Japon. Nichiren lui adresse une remontrance justement parce qu'elle est la divinité du Japon.

13 Innen wagō (因縁和合)

14 U, (有). C'est plus clair en japonais. Ce que je traduis par Être est jitsuzai (実在), ce qui est, le réel ; et ce que je traduis par Existence est jitsuzon (実存) ce qui existe dans une relation avec ma propre vie.

15 Kyōchi myōgō (境智冥合).

16 Voici qui s'apparente à de la création de terme bouddhique. Sur le modèle de l'union obscure du lieu et de la sagesse, kyōchi myōgō, Ishida crée l'expression kyōkyō myōgō (境境冥合), avec répétition du premier terme, le lieu. On peut se demander ce que signifie l'union d'une chose avec elle-même... L'expression n'est pas dénuée d'humour, ni d'une certaine profondeur pourtant ; surtout lorsque l'on réalise que selon les termes d'Ishida cette union du lieu avec lui-même se produit en notre esprit, il dit "en les portant à l'intérieur de soi".

17 Ishida fait référence ici au premier terme du concept 'la rétribution pour le principal et son support (依報正報, ehō shōhō, yībào zhēngbào)' souvent abrégé en principal et son support (依正, eshō, yīzhēng).

18 Bundan shōji (分段生死).

19 Henyaku shōji (變易生死).

20 Abréviation de L'Infirmation et la confirmation que les bouddha des trois phases jugent bon d'effectuer au sein du corps des enseignements (三世諸佛総勘文教相廢立, Sanze sho butsu sōkanmon kyōsō hairyū).

21 Bonnō (煩惱).

22 Seykyō shinbun (聖教新聞), Journal des Enseignements saints : organe de la Sōkagakkai.

 
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