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Mappō, mòfǎ : Sur cette doctrine bouddhique de la Fin de la loi on se rapportera à la Vie et l'œuvre de Huisi, Paul Magnin, Publications de l'École française d'Extrême-Orient, 1977. p 157 « le règne de chaque Buddha est en effet supposé divisible en trois périodes, l'une dans laquelle la loi prospère à la fois dans la lettre et l'esprit (période de la Loi correcte saddharma, zhēngfǎ ), l'autre dans laquelle elle garde sa forme extérieure mais manque de contenu (période de la Loi de ressemblance xiàngfǎ ), la troisième où la forme elle-même disparaît (période du déclin de la Loi ou Loi finale mòfǎ ) ».
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Kono kyō : Il s'agit comme généralement quand Nichiren emploie cette expression du Sūtra du lotus. À propos du Sūtra du lotus, présentation et traduction en français, cf Sūtra du Lotus traduction de Jean-Noël Robert, Fayard 1997.
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Ningai, rénjiè : Monde des hommes. Cinquième des dix mondes de dharma. Selon Zhiyi (538-597), on distingue dix sortes de mondes auxquels appartient chacun des êtres : le monde de l'enfer, le monde des esprits affamés, le monde des animaux, le monde des asura, le monde des hommes, le monde du ciel, le monde des auditeurs, le monde de l'éveil relatif, le monde des bodhisattva, le monde des bouddha. Dans le cycle des vies et morts, l'existence se perpétue toujours dans les six premiers mondes. L'existence dans ce monde qui serait le nôtre, se caractérise par une liberté plus grande vis-à-vis des contingences immédiates, ce qui n'est pas le cas dans les mondes inférieurs tels que l'enfer ou le monde des animaux. Naître en ce monde est déjà porteur de conditions d'existence meilleure voire de la possibilité de rencontrer la loi bouddhique.
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Gozō, wǔzàng : On traduit également souvent par Cinq viscères. Conception de la médecine et de la philosophie chinoise traditionnelle. Il s'agit du cœur, du foie, de la rate, des poumons et des reins.
5
Nom honorifique et posthume de Saïchō (767-822), fondateur de la branche Tendaï au Japon ; pour une biographie de Saïcho cf Les doctrines de l'Ecole japonaise Tendaï au début du XI° sècle, Jean-Noël Robert Editions Maisonneuve et Larose 1990.
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Appellation religieuse et honorifique du Bouddha Shakyamouni, le fondateur du bouddhisme.
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Jippō no sho butsu : Abréviation de Jippō funjin no shobutsu, les bouddha du corps fractionné des dix directions. Il s'agit des bouddha qui apparaissent pour convertir les êtres et qui représentent une projection (un fractionnement) dans les dix directions du corps du Bouddha. Les dix directions désignent le déploiement de l'espace nord, sud, est, ouest, nord-ouest, nord-est, sud-est, sud-ouest, zénith et nadir.
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Shumi : le mont Sumeru qui dans la cosmologie indienne est l'axe du monde. Situé au centre des quatre continents, gouvernés chacun par un grand roi du ciel, il est la demeure d'Indra dieu du tonnerre, de l'éclair, du vent et de la pluie, que le bouddhisme a incorporé à son panthéon de divinités protectrices.
9
Jushi hōbō, on trouve également souvent l'expression de sens très proche hibo. Il s'agit de quatorze actes mentaux qui sont opposés à l'esprit du Sūtra du lotus. Ils apparaissent dans le cinquième volume du Fǎhuá wénjùji, Notes sur les phrases et les mots de la fleur de la loi, du Chinois Zhanlan (717-782), courant Tiantai. Il s'agit selon cet auteur des quatorze causes du mal, à savoir l'orgueil, l'indolence, l'égocentrisme, la superficialité, l'attachement aux désirs, le manque de discernement, l'incroyance, le refrognement, le doute, la médisance, le mépris du bien, la haine du bien, la jalousie envers le bien et le ressentiment à l'égard du bien.
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Ujō, yǒuqíng : les existences dotées d'affectivité tels les animaux. Terme opposé à hijo, feiqing, apathique, ce qui est dénué de sentiments par exemple les minéraux.
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Ichidaï sanzenkaï littéralement Un grand monde de trois sortes de mille. Sans entrer trop dans le détail mille « petits » mondes forment un monde moyen. Un « petit » monde serait plus ou moins un équivalent de notre monde dans la représentation indienne antique. Mille mondes moyens forment un grand monde. Plutôt donc que trois mille mondes nous avons mille mondes à la puissance trois.
12
En fait nous avons là une énumération des quatre premiers mondes : enfer, esprits affamés (certaines traductions donnent « démons affamés »), animaux et asura (traduit souvent par Titans). Notons que dans ce passage le quatrième monde, les asura, est mentionné avant le troisième.
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Kokorozashi. Difficile de trouver un équivalent exact. L'expression signifie intention, volonté, résolution aspiration. Etymologiquement, l'idéogramme chinois est formé de la racine du cœur (l'esprit) surmontée d'un caractère qui tient lieu de l'ancienne graphie qui signifiait aller. Le tout ensemble signifie donc ce vers quoi tend le cœur. Nichiren a utilisé ce mot dans différentes lettres ; parfois le sens semble très proche de foi ou conviction. Nous trouvons dans le Hakumaï ippio gosho : « pour un homme ordinaire, devenir le Bouddha, cela revient à comprendre le mot que l'on prononce kokorozashi ».
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kudoku, gōngdé, guna. Les œuvres représentent les actions méritoires que l'on accomplit et la vertu ce que l'on en retire. Autres traductions : biens spirituels, mérites.
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Kō, jié, kalpa. Translitération abrégée du sanscrit. Le mot kalpa désigne une période de temps très longue. Différentes paraboles en expriment l'étendue. Par exemple, celle où il est dit que si, une fois par siècle, on déposait dans une cité carrée de mille li de côté un grain de sénevé, quand bien même on aurait recouvert toute la surface, l'éon ne serait pas achevé. L'éon désigne également chacune des quatre périodes cosmiques de formation, de stabilisation, de destruction et d'inexistence d'un univers ; ce cycle est appelé un éon majeur.
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Uï, yǒuwéi, samskrta. Ce qui est formé, composé. Au mot à mot, ce qui existe par formation. Les multiples phénomènes apparaissant par production conditionnée sont donc impermanents. Dans cette perspective il s'agit à la fois de ce qui est produit et « productif ». Termes opposés muï, wuweï ou bien musa le non productif, l'une des qualités du Bouddha.
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Sanbō, sānbǎo, triratna. Ce par quoi le courant bouddhiste existe à savoir le Bouddha, la loi (dharma, la doctrine bouddhique), la communauté des moines (sangha).
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shugo no zenjin. Divinités qui protègent la loi bouddhique et ceux qui la pratiquent. Le bouddhisme n'étant pas à proprement parler une religion théiste, il s'agit le plus souvent de divinités vénérées avant l'apparition du bouddhisme, par exemples les dieux du brahmanisme ou des animismes ou shamanismes locaux, qui ont été incorporés dans le panthéon bouddhique. Pour comprendre la suite de la phrase, il est dit que ces divinités tutélaires se nourrissent de la saveur résultant de la pratique de la loi bouddhique. Dès lors, si ce n'est plus la loi correcte qui est pratiquée dans leurs sanctuaires, elles les abandonnent et retournent dans les cieux qui sont leur demeure naturelle.
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Jakkōdo, jìguāngtǔ. Abréviation de « Terre de la lumière toujours paisible ». Quatrième parmi les quatre sortes de terres bouddhiques définies par l'école Tiantai. C'est la terre véritable des bouddha où existe le corps du dharma. Sa particularité est d'être perpétuellement baigné d'une douce clarté.
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Maen no sumika. Maen : artifices utilisés par les démons (ma) pour égarer et empêcher la pratique du bouddhisme. Sumika : demeure, lieu d'habitation.
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Kasuga daïmyōjin : divinité tutélaire du clan des Fujiwara dont le sanctuaire se trouve à Nara (Kasuga se trouve dans la partie est de Nara).
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Chofuku shinko. Chofuku signifie le port durant une année de vêtements de deuil après le décès des parents ou de l'époux. Shinko signifie d'un sens profond ou un profond sentiment de compassion.
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Yodōzaï. Il s'agit de la faute « passive » que commet par exemple celui qui accepte des dons de ceux qui offensent la loi ou qui ne les réprimande pas. Une lettre de Nichiren traite de ce sujet cf G. Renondeau La doctrine de Nichiren Publications du musée Guimet PUF 1953.
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Ninden daikai. Ce rassemblement des êtres des cinquième et sixième mondes, c'est-à-dire les hommes et les dieux, se produit lorsque le Bouddha commence d'exposer sa doctrine.
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Hōshi, fashi, dharma bhanaka : à l'origine, moine connaisseur de la doctrine, capable de l'enseigner et se livrant à une pratique exemplaire. Par la suite le terme a désigné un rang élevé de la hiérarchie monacale voire un titre honorifique.
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Nyoraï, Rúlái, Tathāgata : l'un des dix titres honorifiques du Bouddha, « celui qui est parvenu à la réalité, celui qui nous en est revenu », « celui qui est venu ainsi ». Ces termes signifient que le Bouddha atteste de la réalité, mais aussi qu'il est venu en ce monde pour le salut des êtres.
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Shōjō, xiǎoshèng, hinayana. Terme péjoratif donné au bouddhisme des anciennes écoles par les tenants du mahayana ou Grand Véhicule. Ses adeptes préfèrent utiliser pour se désigner le terme Theravada « Doctrine ou Opinions des Anciens ». Cette forme de bouddhisme se fonde sur les anciennes Écritures en pali. Le Petit Véhicule est encore présent à Sri Lanka, en Birmanie, en Thaïlande, au Cambodge et au Laos.
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Daïjō, dàshèng, mahayana. Nom que se donne l'école réformiste recherchant le salut par des méthodes plus universellement applicables que celles des écoles anciennes. À l'idéal monastique de l'arhat elle oppose celui du bodhisattva que sa compassion porte à rechercher le salut des êtres autant que le sien propre. Les écoles du Grand Véhicule se sont implantées en Chine, en Corée, au Japon, au Tibet, au Vietnam et en Mongolie.
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Ryōkan bō. (1217-1303) Originaire du Yamato, à dix ans il commence l'apprentissage monastique. Ordonné à vingt-quatre ans dans la tradition Shingon, il opte par la suite pour le courant des Préceptes (Ritsu) qu'il contribue à rétablir. Il s'installe en 1261 à Kamakura où il bénéficie de la protection du clan Hōjō. Au temple Gokurakuji, il met en place des institutions charitables pour les nécessiteux. Il semble qu'après les évènements des prières pour la pluie il ait voué à Nichiren une rancune tenace qui influa sur les persécutions qui touchèrent le nouveau courant nichirénite.
30
Kashō. L'un des dix grands disciples du bouddha Shakyamuni, le premier pour la pratique des austérités. Figure également parmi les quatre grands auditeurs. Il supervise après la mort du Bouddha le premier concile qui permit de rassembler les enseignements du Petit Véhicule et joue un rôle essentiel dans la nouvelle communauté.
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Sharihotsu. L'un des dix grands disciples du bouddha Shakyamuni, le premier pour la sagesse. Figure également parmi les quatre grands auditeurs. Issu d'une famille de brahmane Magadha, il recherche l'enseignement de différents maîtres novateurs de l'époque jusqu'à ce qu'il rencontre un disciple du Bouddha. Avec son ami Maudgalyayana il se convertit au bouddhisme et devient un des principaux disciples.
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Mokuren. L'un des dix grands disciples du bouddha Shakyamuni, le premier pour les pouvoirs surnaturels. Figure également parmi les quatre grands auditeurs. Ami d'enfance de Sariputra.
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L'assertion peut surprendre. On peut y voir les échos lointains des reproches qu'en Inde, les tenants des nouvelles écoles du Mahayana adressaient aux anciennes écoles. En fait ces grands auditeurs, malgré leur sagesse insigne, avant l'enseignement du Sūtra du lotus, ne pouvaient devenir le Bouddha.
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Shi daï shōmon. La liste des quatre grands auditeurs subit quelques variations selon les Sūtra. On trouve donc réunis outre Kaçyapa, Shariputra et Maudgalyayana, d'autres disciples éminents tels Katyayana ou Subhuti.
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Kenchōji. Monastère de Kamakura d'obédience Rinzaï. Sa construction débuta la première année de l'ère Kencho (1249) d'où son nom.
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Enryakuji. Temple principal du Tendaï près de Kyōtō sur la hauteur du Hieïzan. Ses bandes de moines armés qui échappaient complètement aux autorités religieuses du temple étaient particulièrement turbulentes et furent à l'origine de nombreux désordres et exactions jusqu'à leur défaite par les troupes de Oda Nobunaga qui incendia le temple en 1571.
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Gokoku, wǔkǔ. Les cinq sortes de céréales : le riz, le millet glutineux, le millet non glutineux, le blé et les haricots. Également terme générique pour désigner les céréales et les grains.
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Hachiman daï bosatsu. À l'origine divinité shinto appelée grande divinité lumineuse (daïMyōjin) Hachiman, il s'agissait d'une divinité agraire. Durant l'ère de Nara, lors de la construction du grand bouddha du temple Todaïji, son aide est invoquée et un rapprochement commence de s'opérer avec les croyances bouddhiques. Au début de l'ère Heiän le titre de grand bodhisattva lui est conféré. Il représente un exemple du syncrétisme du bouddhisme et du shintoïsme.
39
Ryosen abréviation de Ryōjusen, Gṛdhra kūṭa parvata, le mont sacré du Vautour où a été enseigné le Sūtra du lotus. Également traduit par pic du Vautour, des Vautours, des Aigles etc.
40
Dans le texte japonais, le sujet de la phrase n'est pas mentionné. Par souci de clarté j'ai rajouté « Le bodhisattva Hachiman ».
41
Tenshō daïjin, on peut prononcer également Amaterasu Omi kami, littéralement la grande divinité qui illumine les cieux. Divinité tutélaire du Japon dont le sanctuaire est à Ise et qui serait à l'origine de la lignée impériale.
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Il s'agit de Zhi Yi (538-597). Moine chinois qui établit sur le mont Tiantai (région du Zhejiang) un monastère. Disciple de Hui Si, il développa un enseignement original extrêmement vaste. Grand commentateur du Sūtra du lotus dont il établit la prééminence, il agença un système de classifications très poussé ainsi que des séries de pratiques mentales.
43
Jōgyō, Shàngxíng, Visista caritra. Traduit également « Conduite Supérieure ». Guide des bodhisattva qui apparaissent dans le quinzième chapitre du Sūtra du lotus : Surgis de la terre. Dans ce chapitre une multitude de bodhisattva admirables qui auront pour tâche de propager le Lotus après la disparition du Bouddha surgit de son sein. Ces bodhisattva sont conduits par Pratique Supérieure puis Pratique Infinie, Pratique Pure et enfin Pratique Ferme.
44
sanjuni so. Les trente deux signes caractéristiques que présentent le corps du Bouddha. Leur signification doit être de l'ordre de la métaphore.
45
hachiji shugo. Liste disparate de qualités et de signes distinctifs des corps des bouddha et bodhisattva.
46
p. 81 Sūtra du Lotus traduction Jean-Noël Robert, Fayard 1997, p 176 Myōhorenguékyo Taisekiji han 1955.
47
Jissō shinnyo, shíxiàng zhēnrú. Notion issue du bouddhisme Tiantai et élaborée par Zhiyi. Cet aspect réel des choses fait que la réalité apparaît sous une « triple évidence harmonieuse » : évidence de la vacuité, évidence de la temporalité et évidence du milieu.
48
Hossho shinnyo, fǎxìng zhēnrú. Cf. note précédente.
49
p 120 Sūtra du Lotus traduction Jean-Noël Robert, Fayard 1997, p 240 Myōhorenguékyo Taisekiji han 1955.
50
Matsudaï. Il s'agit de cet âge final où les capacités et les vertus des hommes sont amoindries. Cf. note 1 sur la Fin de la loi (mappo).
51
Rappelons que le bouddhisme zen a commencé de se développer au Japon de façon autonome au treizième siècle. Le premier temple de la branche ancienne du Rinzaï a été fondé en 1202 et Dōgen est revenu de Chine pour fonder la branche Sōtō en 1227. Nichiren a donc assisté à l'émergence de ce nouveau courant.
52
Gojo, wǔcháng. Cinq vertus fondamentales du confucianisme.
53
Naïgeten. Interne signifie ce qui relève de l'enseignement bouddhique et externe les autres sources. Par exemple dans ce passage il est fait allusion au confucianisme.
54
Les Écoles Tendaï et Shingon ont été introduites toutes deux au Japon au VIII° siècle. Le Shingon ou École des mantra ou des paroles vraies a développé des tendances ésotériques voire magiques. Il a été introduit au Japon par Kukaï également connu sous le nom honorifique de grand maître Kobo.
55
Il est amusant de remarquer que c'est exactement ce que Xénophon reprochait aux Mossynèques qu'il juge pour cette raison le peuple le plus barbare (Anabase Livre V Chapitre IV).
56
Tenma hajun. Littéralement le démon céleste Hajun. Hajun (sanskrit Papiyas) désigne un roi démon du monde des désirs. Il réside au sixième (et dernier) ciel de ce monde.
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Ichibu hakkan nijuhappon. Le Sūtra du Lotus est découpé en huit volumes et vingt-huit chapitres.
58
D'après le Fuji nenpiō (Fuji Gakurin 1990), il s'agirait de Nikkō qui à cette époque se serait rendu auprès de Niïke. Nikkō (1246-1333) a été l'un des principaux disciples de Nichiren dont il fut toujours très proche et avec qui il partagea de nombreuses épreuves. Il a fondé le temple Taisekiji (1290) puis le Honmonji (1298).
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Kōan sannen. L'ère Kōan, littéralement Vaste paix, commença en 1278 et ne dura que dix ans. La troisième année correspond donc à 1280.
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Signature Kaō (monogramme fleuri), voir Dictionnaire Miaofa.
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