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Pensée-Magnanime (Mujonen, Wuzhengnian). Selon le Sūtra de la fleur de miséricorde, incarnation d'Amita, du temps où il pratiquait la voie de bodhisattva. Roi du pays de Santirna, il avait mille fils mais seul son grand chambellan put sauver le royaume qui était devenu un repaire de criminels. Ce chambellan était une incarnation de celui qui deviendra le bouddha Shakyamuni.
Santirna [pays de] (Sandaïrankoku, Shantilanguo). Le nom en chinois est une translittération du sanscrit. Dans l'un des nombreux récits des vies antérieures du bouddha Shakyamuni, il aurait vécu dans ce pays sous le nom de Souhait de Brahma-Mer de Joyaux (Hokaïbonji, Baohaifanzhi) et en aurait été le grand chambellan. L'histoire est racontée dans le Sūtra de la fleur de miséricorde (Hikekyo, Beihuajing, Karuna pundarika sūtra).
Souhait de Brahma Mer de Joyaux (Hokaïbonji, Baohaifanzhi) : selon le Sūtra de la fleur de miséricorde, incarnation passée du bouddha Shakyamuni. Grand chambellan du Santirna, il fit vœu de sauver ce pays qui était devenu un repaire de criminels alors que le roi et les très nombreux princes (mille) étaient partis se réfugier en Terre pure.
Corbeille de la loi : fils de Souhait de Brahma-Mer de Joyaux dont il est question dans la Lettre à sire Matsuno (Shōwa teïhon p 1277, Santirna).
Terre pure (jōdo, jingtu). Terre qui n'est pas souillée par les passions (bonnō, fengnao) des êtres, contrairement à notre monde de Saha. Cette terre pure n'est pas polluée par les cinq troubles (gojoku, wuzhuo). En fait selon les sūtra, on a deux vues de cette terre pure. La première, et la plus courante, vise à la présenter par différence à notre monde. Toutes les imperfections et les souffrances de ce monde n'existent plus en terre pure qui devient donc une sorte de paradis. Selon les sūtra et les bouddha qui régissent cette terre elle a différentes localisations. Pour les sūtra amidistes, il s'agit de la Terre pure de félicité suprême d'Amita qui est à l'ouest de notre monde. En fait c'est essentiellement dans l'amidisme que cette notion est devenue un concept. La deuxième acception se rencontre dans d'autres sūtra, par exemple le Sūtra de Vimalakirti où c'est l'action du Bouddha qui purifie le monde et donc transforme notre monde souillé. Pureté et impureté dépendent du cœur. Le concept de la terre pure tel que l'amidisme l'a développé, a représenté un échappatoire pour les croyants qui vivaient des expériences douloureuses et n'est pas sans rappeler les visions de paradis de certaines religions monothéistes.
Monde de Saha (shaba sekai, suopo sejie, saha) : monde qui est le nôtre et dont le centre, selon la cosmologie indienne traditionnelle, est constitué par le mont Sumeru. Les êtres qui y vivent endurent toutes sortes de difficultés et souffrances du fait de leurs actes antérieurs qui ont amené leur naissance en ce monde. Littéralement saha signifie endurance.
Dix directions (jippō, shifang) : nord, sud, est, ouest, nord-ouest, nord-est, sud-est, sud-ouest, zénith et nadir. Cette expression symbolise le déploiement de l'espace.
Contemplateur des Sons du Monde [bodhisattva] (Kanzeon bosatsu, abrégé sous la forme Kannon, Guanshiyin pusa abrégé en Guanyin, Avalokiteśvara) : une des figures les plus populaires du bouddhisme et sans doute le personnage le plus représenté par l'iconographie. Son nom assez étrange est le fait intentionnel ou non des traducteurs chinois. En sanscrit, Avalokita signifie « qui abaisse son regard » et Īśvara, seigneur. La liaison entre les deux termes n'a pas été retenue et l'on a compris le deuxième terme comme étant svara : bruit, son. Ceci dit, la poésie classique chinoise était volontiers symboliste et ce genre de rapprochements entre des types de perceptions différents ne devait pas déplaire. Quoi qu'il en soit la popularité du culte rendu à ce bodhisattva a été immense.
Puissance-Extrême [bodhisattva] (Seïshi bosatsu, Shizhi pusa, Mahāsthāmaprāpta) : apparaît également dans les sūtra sous les noms de Tokutaïseï, Dedashi (Possession de Grande Puissance) voire Seshi, Shizhie (Intention du Monde) dans le Sūtra de la fleur de miséricorde. Traduit également en français par Muni de Grande-Force et Obtention de Grande-Autorité (Tokutaïseï, Dedashi) par J.-N. Robert dans sa traduction du Lotus. Dans plusieurs sūtra, ce bodhisattva fait partie de la triade d'Amita. Contemplateur des Sons flanque Amita à gauche et Puissance-Extrême à droite. Dans cette représentation, il est muni de la lumière de la sagesse. Il apparaît dans le chapitre Prologue du Sūtra du lotus où il est l'un des quatre-vingts mille bodhisattva sans régression de l'assemblée et, dans le chapitre du Bodhisattva Toujours Sans Mépris, il est l'interlocuteur du Bouddha. Contrairement à d'autres bodhisattva plus caractéristiques, on a quelques difficultés pour se représenter sa personnalité.
Sage-Universel (Fugen bosatsu, Puxian pusa, Samantabhadra) : bodhisattva qui apparaît dans plusieurs sūtra du Grand Véhicule, notamment la Guirlande de fleurs et le Lotus qui lui consacre son dernier chapitre et le sūtra conclusif qui lui est généralement attaché : le Sūtra de la méthode de contemplation du bodhisattva Sage-Universel. Avec Manjushri, Sage-Universel fait partie de la triade de Shakyamuni. Il est généralement représenté assis sur le dos d'un éléphant blanc à six défenses, vu que c'est ainsi qu'il apparaît aux croyants. Il est inspirateur de l'acquisition des trois vertus que sont le principe, la constance et la pratique alors que Manjushri avec lequel il est généralement associé symbolise le développement des vertus de la sagesse, de l'intelligence et de l'attestation.
Manjushri ou Manjuśrī [bodhisattva] (Monjushiri bosatsu, Wenshushili pusa) : en chinois et japonais souvent abrégé aux deux premiers idéogrammes qui constituent son nom Wenshupusa et Monjubosatsu. La transcription du nom du bodhisattva en chinois semble une translittération du sanskrit encore que les idéogrammes soient signifiants, Wenshu pouvant se comprendre « distingué par la culture » or ce bodhisattva est lié à l'intelligence et au savoir. Manju signifie « magnifique » et śrī « majesté », avec une connotation religieuse. Dans l'iconographie bouddhique, lui et le bodhisattva Sage-Universel (Samantabhadra) participent à la triade du bouddha Shakyamuni. En tant que tel, on le représente sur un lion bleu du plus bel effet. Il est inspirateur de l'acquisition des trois vertus que sont la sagesse, l'intelligence et l'attestation. Selon le Sūtra du nirvana, il serait originaire de Srāvastī et issu d'une famille de brahmanes. Après avoir rejoint la communauté des moines il aurait converti et guidé de nombreuses personnes. Dans les sūtra, il se présente souvent comme interlocuteur ou questionneur du Bouddha. Il apparaît dans plusieurs chapitres du Lotus, notamment le premier et le douzième. Généralement associé à Sage-Universel (Samantabhadra), il personnifie le développement des qualités intellectuelles que la pratique de la loi bouddhique entraîne. Il a également un rôle prépondérant quant à la sauvegarde de la doctrine durant les cinq cents années suivantes (gogohyakusaï, houwubosui). Son culte s'est développé en Chine dès le IVe siècle et au Japon quelques trois cents ans plus tard. En se fondant sur le Sūtra de la guirlande de fleurs, les Chinois ont localisé sa demeure sur le mont Wutaï dans le Shanxi.
p. 116 Sūtra du lotus traduction Jean-Noël Robert, Fayard 1997, p. 234 Myōhōrenguékyō Taisekiji han 1955. Pour donner une meilleure idée de cette citation, en voici le contexte :
« Maintenant, ces trois mondes
Sont tous ma possession
Les êtres qui les peuplent
Sont tous mes enfants
Mais actuellement ces lieux
Regorgent d'épreuves et de périls
Il n'y a que moi seul
Qui puisse les sauver »
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