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En 2005 je terminais l’entrée du Dictionnaire Miaofa consacrée à la biographie de Nichiren en disant : « Cette biographie rend compte des évènements de la vie de Nichiren … J'ai assez peu mentionné la pratique d'inscription de honzon, qui à partir de l'exil de Sado semble avoir été une constante de son activité. Il reste encore de très nombreux mandala inscrits par Nichiren et je ne connais pas d'étude en français sur ce sujet. Pourtant ces représentations graphiques qu'il qualifie de loi ésotérique semblent avoir été un vecteur fondamental de l'expression de sa spiritualité.»
Nichiren a en effet composé de très nombreux gohonzon qui étaient conférés à certains disciples. Ces gohonzon étaient une représentation de la cérémonie d’enseignement du Lotus avec en son centre Namu Myōhōrenguékyō. Ils permettaient ainsi au croyant d'accéder à cette cérémonie de révélation de la Loi. L’importance fondamentale qui est attribué au gohonzon par son créateur est révélée notamment dans la Réponse à dame Nichinyo.
Nous ne savons pas le nombre exact de mandala inscrits par Nichiren. La galerie que nous présentons en compte 127. On estime que Nichiren en a probablement composé le double ou le triple, ce qui représente une production moyenne qui serait comprise entre 23 et 35/an. En fait, si l’on s’en tient aux dates qui figurent dans la galerie des gohonzon, cette production s’est considérablement amplifiée à partir de l’installation au mont Minobu en 1274 pour culminer dans les années 1280 (31 gohonzon) et 1281 (15 gohonzon). Cette statistique n’a qu’une valeur indicative car dans les trois dernières années de la vie de Nichiren, la composition de ces mandala n’avait cessé de s’accroître.
Nous sommes bien conscients que cette galerie des gohonzon puisse comporter des faux ou des copies. Malheureusement peu de recherches sérieuses ont été faites pour les identifier et on ne peut que déplorer le manque d’éditions, du moins à notre connaissance, avec des clichés plus précis, beaucoup reprenant simplement ceux du premier recueil.
La numérotation chronologique que nous reprenons est donc celle qui figure dans ce premier recueil avec photos, publié en 1947 sous le titre Gohonzon shū (éditeur Risshō Ankoku kai) et reprise chez le même éditeur en 1981 dans le premier volume de la collection Nichiren Daïshōnin go shinseki (日蓮大聖人御真蹟, Œuvres authentiques du grand sage Nichiren) sous le titre Gohonzon shū (御本尊集, Collection des gohonzon). Les numéros avec des bis comme par exemple #3b ou #3c n’étaient probablement pas documentés dans la première édition.
Sources
Yamanaka Kihachi et Kataoka Zuiki : Nichiren Daïshōnin go shinseki (日蓮大聖人御真蹟, Œuvres authentiques du grand sage Nichiren), vol. 1, Gohonzon shū (御本尊集, Collection des gohonzon), éditions Risshō Ankoku kai (1981, 1999).
Nichiren's Coffeehouse and Gohonzon Gallery : malheureusement ce site n’est plus accessible. Il était géré par Don Ross qui se présente comme « an Independent-minded practitioner of the Lotus Sutra, the visionary behind and sole administrator of Nichiren's Interfaith Coffeehouse and Gohonzon Gallery ». Les quelques cas où nous n’avons pas pu trouver de photos utilisables pour certains gohonzon (#3b, #27, #32b), nous avons utilisé les restaurations informatiques qui figuraient sur son site. C’est évidemment moins représentatif que de véritables clichés mais nous reconnaissons le travail effectué pour présenter la graphie de ces mandala de façon très claire en noir et blanc.
日蓮聖人大漫荼羅一覧 (Nichiren shōnin daimandara ichiran) : 鷲峰会 Jūhōkai (L'Assemblée de la cime du Vautour).
Luigi Finocchiaro :
Il mandala nella tradizione del Buddhismo Nichiren, Prima parte: Introduzione, mandala nei periodi Bun’ei e Kenji.
Il mandala nella tradizione del Buddhismo Nichiren, Seconda parte: I mandala del periodo Kōan.
Traductions en anglais :
The mandala in Nichiren Buddhism, Part One: Introduction, mandalas of the Bun’ei and Kenji periods.
The mandala in Nichiren Buddhism, Part Two: Mandalas of the Kōan period.
Remerciements
Je tiens à remercier chaleureusement ceux qui m’ont apporté leur aide précieuse pour constituer cette galerie en deux ans environ ; il s’agit de Sylvie Hourcq, Julien Amiel, Jean-Louis Galopin et Pierre Henri.
Répertoire de la Galerie des Gohonzon
Pour des raisons pratiques dans le tableau ci-dessus, les dates selon le système japonais ont été abrégées. Ainsi, par exemple, pour le gohonzon #1, ‘08/10/09’ signifie ére Bun-eï, 8e année, 10e mois, 9e jour.
Nous avons tenté d’établir une classification des gohonzon en établissant une nomenclature qui vise à définir des styles spécifiques selon des critères objectifs.
Le choix de ces critères a été purement arbitraire et il nous est propre. Il se fonde essentiellement sur le contenu scripturaire de chacune de ces œuvres. D’autres critères auraient pu être retenus avec autant de pertinence et d’intérêt pour l’analyse, par exemple les dimensions, le style calligraphique, les périodes dans la production calligraphique, le type de récipiendaires, etc.
Toutefois, il nous semble que notre classification des styles selon le contenu des mandala permet une première approche de cette vaste production.
Les styles ainsi déterminés sont :
- Primaire,
- Succinct,
- Restreint,
- Détaillé,
- Gohonzon des dix mondes et
- Spécifique.
Leurs caractérisriques sont les suivantes :
Primaire : premier style utilisé par Nichiren, il est inscrit Namu Myōhōrenguékyō, les deux Rois de Lumières, Shakyamuni et Maints-Trésors voire les quatre bodhisattva de la conversion originelle (#12). La signature et le kaō sont distincts. Généralement de petite taille (1 ou 2 lés), ils ont été composés au début de la pratique calligraphique des gohonzon.
Succinct : composés entre 1279 et 1282. Les personnages inscrits sont au maximum ceux du 1er étage, les deux Rois de Lumières, les dix ogresses et leur mère, les divinités célestes, deux maîtres du Tiantaï, les divinités tutélaires du Japon, et parfois moins. La phrase d’hommage y est inscrite et ils sont généralement de taille petite (1 lé). Les quatre rois du ciel n’apparaissent pas et latéralement les Rois de Lumières sont prépondérants. Le nom du récipiendaire est inscrit : ce sont des gohonzon personnels.
Restreint : employé de 1274 à 1282. Un peu plus fourni que succinct avec plutôt 2 étages que 3.
Détaillé : employé de 1275 à 1282. Conception assez voisine des gohonzon des dix mondes mais à chaque fois il manque au moins le représentant de l’un des dix mondes. Au minimum 2 lés mais jusqu’à 28 pour le plus grand (#57), la composition générale présente une gestion de l’espace, les différents étages sont bien distincts.
Gohonzon des dix mondes : employé de 1274 à 1282. Comprenant au moins un représentant de chacun dix mondes, la composition est très aboutie. En général de taille conséquente, seul le #108 ne comporte qu’un seul lé.
Spécifique : chacun de ces mandala est original et singulier ; ils ne peuvent être rattachés aux styles précédemment définis.
Liste des représentants des dix mondes figurant sur les gohonzon et appellations utilisées
Monde des bouddha :
- Bouddha Shakyamuni (Shakamuni butsu).
- Les corps fractionné dans les dix directions du bouddha Shakyamuni (Jippō funjin Shakamuni butsu).
- Ainsi-venu Maints-Trésors (Tahō nyorai), bouddha Maints-Trésors (Tahō butsu, #11).
- Ainsi-venu Taizōkai Dainichi (#8, l’initiale de son nom est écrite en siddham, Grand-Soleil du monde de la Matrice), Ainsi-venu Grand-Soleil de la Matrice (Taizō Daïnichi nyoraï, Vairocana).
- l’Ainsi-venu Kongōkai Dainichi (#8, l’initiale de son nom est écrite en siddham, Grand-Soleil du monde du diamant), Ainsi-venu Grand-Soleil du diamant (Kongō Dainichi nyoraï, avatar de Vairocana).
- Les bouddha du corps fractionné des dix directions (jippō funjin shobutsu), les bouddha des corps fractionnés (funjin tō shobutsu #13).
- Les bouddha de la totalité des dix directions (Jinjippō shobutsu).
- Bouddha Vertu du Bien (Zentokubutsu), Vertu du Bien et tous les bouddha (Zentokutō shobutsu) , Ainsi-venu Vertu du Bien (Zentoku nyorai, #34).
Monde des bodhisattva :
- Les quatre bodhisattva de la conversion originelle (à partir de #9) : ils sont positionnés à l’étage supérieur avec les bouddha. Il s’agit de :
bodhisattva Pratique-Supérieure (Jōgyō bosatsu), bodhisattva Pratique-Infinie (Muhengyō bosatsu), bodhisattva Pratique-Pacificatrice (Anryūgyō bosatsu), bodhisattva Pratique-Pure (Jōgyō bosatsu).
Les autres bodhisattva : généralement positionnés à l’étage médian :
- Bodhisattva Sage-Universel (Fugen bosatsu), Fugen.
- Bodhisattva Manjushri (Monjushiri bosatsu), Monjushiri, Monju.
- Bodhisattva Roi des Remèdes (Yakuō bosatsu).
- Bodhisattva Maitreya (Miroku bosatsu).
- Bodhisattva Accumulation de Savoirs (Chishaku bosatsu).
Monde des Éveillés pour soi et monde des auditeurs :
- Shariputra (Sharihotsu), le vénérable Shariputra (Sharihotsu sonja).
- Kāśhyapa (Kashōha, Kashō), le vénérable Kāśyapa (Kashō sonja), le grand vénérable Kāśyapa (Daï Kashō sonja).
- Kātyāyana (Kasennen).
- Maudgalyāyana (Mokuren), Grand Maudgalyāyana (Daimokukenren, #32b).
- Subhūti (Shubodai).
Monde des divinités :
- Brahmā (Bonten), Grand roi Brahma (Daibontennō ou Daibonnō).
- Indra (Taïshaku), Dieu Indra (Ten Taïshaku), Roi céleste Indra (Taïshakutennō), Grand Indra (Daï Indara, #34, #35), Shakudaikanïn (appellation la plus fréquente sur les gohonzon) qui se décline également en Roi Grand Indra (Daishakudaikaninō), Indra le grand roi (Shakudaikanïn daïō), le roi céleste aux Mille yeux (Sengentennō, #45), Grand roi aux mille yeux (Daisengen daïō, #37).
- Divinités Soleil-Lune (Nichigatsuten), Grandes divinités Soleil - Lune (Daïnitten-Gatten, #27), les rois célestes Grand-Soleil et Grande-Lune (Daïnichigatten ō, #30).
- Le roi céleste Grand-soleil (Daïnittennō), Divinité Grand-Soleil (Daï Nitten, #18), Grand roi divin Grand-Soleil (Daïnitten daïō, #105).
- Grande Divinité de la Lune (Daigatten), le roi céleste Grande-Lune (Daigattennō).
- Le roi céleste Clarté des Constellations (Myōjōtennō), Grand roi céleste Clarté des Constellations (Daimyōjōtennō, #45, #71, #73), le prince céleste Clarté des Constellations (明星天子, Myōjōtenji, #81).
- Douze rois divins (jūni shinnō, #23, #34, #35), douze grands rois divins (daï jūni shinnō, #36).
- Roi-démon du sixième ciel (Daïrokuten maō).
Monde des hommes :
- Les saints rois tournant les roues (Tenrin shō-ō), les rois des quatre roues (Shirin-ō, #11, #18, #27, #30, #32b, #33), les rois des roues (rin-ō, #32).
Monde des asura :
- Roi Asura (Ashuraō).
Monde des animaux :
- Roi-Dragon (Ryūō), Grand Roi-Dragon (Dai Ryūō), Divinité-Dragon (Ryūjin, #11), Divinité royale-Dragon (Ryūjin ō, #30).
- Fille du Roi-Dragon, Ryūōnyo, (#60).
Monde des esprits affamés :
- Déesse Mère des Enfants Démons (Kishimojin).
- Dix ogresses (jūrasetsunyo), et les dix ogresses citées nominativement (#11, #18, #26).
Monde de l’enfer :
- Don des Dieux (Daïbadatta), Don des Dieux - Cieux Ardents (Tennetsu Daïbadatta, #13).
- Roi Ajātaśatru (Ajase ō), grand roi Ajātaśatru (Ajase daiō, 阿闍世大王), grand empereur Ajātaśatru (Ajase daiō, 阿闍世大皇, #60).
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