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objet de la vision (所見, shoken, suojian) : ce qui est vu. Dans le bouddhisme ce qui est l'objet de la vision n'a pas de nature propre. Il s'associe donc aux capacités de vision pour donner le résultat de ce qui est perçu. On notera que pour ces deux concepts, notre langue est moins précise que le chinois, la vue désignant à la fois ce qui est vu et l'acuité de cette vision. Pour rendre la complémentarité organique qui existe entre shoken (所見, suojian) et noken(能見, nengjian) on aura donc recours à différents couples, capacité de vision et objet de la vision, voyant et vu ou observateur et spectacle. Obscur (無
明, mumyo, wuming,
avidyā)
: premier des douze
liens causaux,
il est de par sa
signification le
moins directement intelligible. Il représente le terrain qui
dans le passé a été favorable aux
égarements.
Il s'agit d'une ignorance fondamentale qui précède
l'acte et conditionne dès l'origine l'état
d'égarement
dans lequel les actes sont commis. Le terme sanskrit désigne
l'ignorance, la non connaissance ; littéralement ce qui est
dépourvu (a) de connaissance, de sagesse (vidyā). Les traducteurs chinois ont
rendu le sens du terme par wuming
(無
明)
ce qui signifie littéralement "privé (wu)
de clarté (ming)".
Nichiren, en annotant des citations du Kosa
relatives à ces
douze liens causaux nous dit : "Un
garçon cause la colère
de son père et éveille l'amour de sa mère, alors
qu'une fille, elle, cause la colère de sa mère et
éveille l'amour de son père" Cet
égarement
pulsionnel de l'obscur empêche à l'attention et au
discernement de s'exercer. Si l'obscur se rapporte à un temps passé,
dans le présent, c'est l'exercice de la première des huit
branches de la voie,
la vue juste, qui permet de se
dégager de son emprise. Le propre de l'obscur réside
dans le fait que, dans cet état d'égarement, l'esprit
est ignorant des principes bouddhiques fondamentaux et est en proie à
diverses passions. Voir le cours
sur les douze liens causaux.
observance des préceptes (持 戒, jikaï, chijie, sila) obtention de la voie (得 道, tokudo, dedao) : réaliser la voie qui permet d’accéder au nirvana. Pleine compréhension de la voie bouddhique. Plusieurs termes sont des équivalents dans certaines de leurs acceptions et comportent le caractère voie (道, do, dao) notamment devenir la voie (成 道, jodo, chengdao) ou passer la voie (度道, tokudo, dudao). On notera également le rapport avec d’autres termes qui comportent ce même caractère ‘voie’ et qui indiquent différents stades de progression dans la pratique du bouddhisme. Par exemple nyudo, rudao (入道), celui qui est entré sur la voie, gyodo, xingdao (行 道), progresser sur la voie. obtention
du passage
(得度, tokudo, dedu)
: deux
sens
distincts, le second dérivant
probablement du premier. 1.
Passer (度, do, du)
l'océan
des vies et morts pour atteindre la
rive du nirvana. Dans cette acception on notera comme équivalent obtention
de la voie (得
道, tokudo,
dedao)
ou devenir
la voie (成
道, jodo, chengdao).
2.
Passer de la vie séculière à la vie monastique
(voir religieux, 出家, shukke,
chujia, pravrajita).
octuple sentier (huit voies, ou chemin aux huit branches, 八 の道, yatsu no michi, badao, ariya atthangika magga) odoshamon (pollueurs de la voie, 汚 道沙門, wudaoshamen) oeuvres et vertus (功 徳, kudoku, gongde, guna) : les oeuvres (ku) sont les bonnes actions que l'on accomplit et les vertus (toku) ce que l'on retire des oeuvres ; les vertus, en retour, permettent de mieux réaliser les oeuvres. Autres traductions possibles : biens spirituels (réf .), mérites (réf) Cf. purification des six racines, chapitre XIX Sutra du lotus, cinq sortes de maîtres de la loi, cinq pratiques merveilleuses et également la définition qu'en donne Nichiren telle qu'elle est rapportée dans la Transmission orale dur les significations (Ongi kuden) ; on peut également se reporter au cours sur les trois catégories à la fin duquel est évoqué la purification des six racines. Oeuvres
et vertus de la joie conséquente
[chapitre] (隨
喜功徳品, Zuiki
kudoku hon,
Suixi gongde pin) : XVIIIème
chapitre du Sutra
du lotus. Après
les chapitres déterminants qui précèdent,
particulièrement les chapitres XV, XVI
et XVII,
celui-ci est
beaucoup plus bref et d’une argumentation plus simple. Comme
souvent, Maitreya
a un rôle de
questionneur, et il interroge le
Bouddha sur les œuvres
et vertus
conséquentes à
la joie que ressentiront dans les futur ceux qui entendront le Sutra
du lotus. La réponse est
quelque peu surprenante en ce sens
où, dans un premier temps, le Bouddha mentionne les mérites
obtenus par celui qui serait le cinquantième à recevoir
l’enseignement après qu’un premier qui se serait
réjoui à l’écoute du Lotus
en
ait fait
part à un autre et ainsi de proche en proche, jusqu’à
arriver à ce cinquantième auditeur. Les vertus que
donne cette joie sont plus grandes que le don à tous les êtres
des richesses matérielles puis de l’enseignement
bouddhique de l’impermanence. L’un des intérêts
de ce chapitre est de mettre l’accent sur la joie, sur
l’allégresse qui résultent de la perception de
l’enseignement bouddhique.
Oeuvres
et vertus du Maître de la loi [chapitre] (法
師功徳品, Hosshi
kudoku hon, Fashi
gongde
pin) : XIXème
chapitre du Sutra
du lotus. Le bodhisattva Zèle-Constant
interroge le
Bouddha sur les vertus que les
maîtres de la loi retirent de leurs pratiques (cf. cinq
sortes
de maîtres de la loi ). Les
mérites obtenus consistent
dans la purification
des six racines
(les six sens). Le Bouddha
énumère ces six racines une à une ainsi que le
résultat de leur purification. Pour l’œil, on
gagne en acuité visuelle, distinguant les choses qui sont
cachées, par exemple les limites de ce monde ou les
profondeurs terrestres. Pour l’ouïe, pareillement, on
perçoit les voix qui normalement sont inaudibles, sans pour
autant que l’écoute s’en trouve perturbée.
L’odorat devient également plus fin permettant de
reconnaître les plantes ou les êtres, voire même
leur état au-delà de ce que la vue décèle.
Le goût se trouve développé et les saveurs
désagréables sont transformées; de plus par la
langue, la voix devient "profonde et sublime" et peut
émettre le son de la loi. La purification de la peau entraîne
celle du corps tout entier qui devient une sorte de lieu de réflexion
des images d’autres corps. Enfin, la purification de l’organe
mental entraîne l’affinement des fonctions intellectives,
la prescience et la connaissance intime de la loi bouddhique.
Dans le traitement que nous avons ici vis-à-vis des six racines, plusieurs points sont intéressants à noter. Tout d’abord ces six racines elles-mêmes sont comprises comme étant soit le sens soit l’organe. Par exemple, le sens du toucher renvoie à la peau qui en est le principal organe, mais celle-ci couvrant tout le corps, du coup il réfère à l’image du corps laquelle, en tant qu’image, est davantage du domaine visuel que tactile. Également, il y a un glissement qui fait que le résultat de la purification de ces organes sensoriels devient de plus en plus allégorique au fil de l'énumération. Ainsi pour le premier, l’œil, on assiste à un accroissement des capacités de cet organe jusqu’à un niveau extraordinaire, mais pour les derniers, la langue, le corps ou le mental (ici capacité qu’a le mental de se représenter, de "percevoir" des images), nous assistons à bien plus qu’une démultiplication des capacités de ces organes sensoriels, par exemple pour la langue, au-delà de la fonction gustative, c’est également la parole et le discours qui sont évoqués. offense
à la loi (誹
謗, hibo, feibang)
:
la clef chinoise du caractère est la parole, généralement le sens donné
à ce mot est calomnie, diffamation, critique. Dans la terminologie
bouddhique on trouve le terme hobo, bangfa
(謗法),
le
dénigrement de la loi, de sens et prononciation assez proche. Le terme hobo
(謗法, bangfa)
est lui-même compris comme une abréviation de hibo
shoho (誹
謗正法, feibang
zhengfa) : l'offense à la loi
juste. Les deux
termes désignent une attitude et des actes opposés à la loi bouddhique.
Cf
. quatorze
offenses. ogres (羅 刹, rasetsu, luocha, raksasa) : le mot chinois est une translittération du sanskrit. Catégorie de démons nocifs pour l’espèce humaine car ils se nourrissent de chair. Dans la tradition indienne, ces ogres ne sont pas simplement des démons malfaisants ou prédateurs, ils sont liés au dieu Kubera (protecteur du nord et gardien des richesses) et peuvent donc intervenir dans les affaires du monde. La tradition bouddhique, d'une façon similaire les rattache au Roi du ciel Grande-Ecoute, également protecteur du nord. Ces ogres ne sont pas de basse extraction et ont, selon le cas divers pouvoirs qui ne sont pas sans rappeler ceux des dieux, notamment le fait de pouvoir se déplacer à grande vitesse, voire de voler. Selon certains textes, ils seraient d’un aspect repoussant mais leurs compagnes, les ogresses, présenteraient une apparence plus engageante, encore qu’à la lecture des noms des dix ogresses on peut en douter. Plus sérieusement, ces êtres représentent ceux qui pour accroître leur pouvoir sont poussés à se nourrir d’autrui ou n'envisagent les relations qu'ils ont avec d'autres êtres que sous l'aspect d'appropriation par consommation.
ogresses
(羅
刹女, rasetsunyo,
luochanu, raksasi)
: le mot
chinois est pour partie une
translittération du sanskrit. Voir ogres,
dix
ogresses, Déesse
Mère des Enfants Démons.
ogu (digne d'offrandes, 應 供, yinggong, arhat) ombres[cinq] (goon, wuyin) Omodarunomikoto (面足尊) : voir sept règnes de divintés célestes. Ongi kuden (御 義口傳) : voir Transmission orale sur les significations. ongyoji (parcours lointains, 遠 行地, yuanxingdi, duramgama) Onichi dono (Dame Onichi) : en fait on ne sait quasiment rien sur cette disciple sinon ce que nous apprend la lettre de Nichiren qui lui est adressée (cf. Réponse à Dame Onichi). Elle connaissait Nissho, certains pensent même qu’elle lui était apparentée. Ono
no Tofu
: voir Tofu. oppositions
à la loi (謗
法, hobo, bangfa)
:
voir offense
à la loi. organes [cinq] (五臓, gozo, wuzang) origine du passé (久遠 元初, kuon ganjo, jiuyuan yuanchu) : on trouve aussi l’expression kuon ganshi, jiuyuan yuanshi (久遠 元始) de sens équivalent. Littéralement, kuon, jiuyuan signifie passé lointain et ganjo, yuanchu, origine (gan : origine et jo début, commencement, idem pour shi dans l’équivalent ganshi). Même si cette expression a connu quelque fortune auprès de certains exégètes on ne la trouve que dans deux textes attribués à Nichiren : les Cent six articles (Hyakurokkasho) et la Merveille de la cause originelle (Honninmyosho). L’authenticité de ces deux textes, et surtout du premier, est contestée par plusieurs écoles nichirenistes. De nos jours, essentiellement Nichiren Shoshu et les courants qui en sont issus veulent les tenir pour authentiques. On se reportera donc à une édition de cette école, Nichiren daïshonin gosho, Heisei shinpen où ils figurent respectivement aux pages 1685 et 1676. Dans cette optique, l’origine du passé désigne une période antérieure à la véritable réalisation du passé ancien. Également, il s’agit d’un passé atemporel dont les caractéristiques sont inhérentes à toutes choses (cf. état originel, éveil originel). Ornement de Lumière [royaume] (光明莊嚴, Komyoshogon, Guangmiaozhuangyan) : voir Conduite originelle du roi Ornement-Merveilleux (妙莊嚴王本事品, Myoshogonno honji hon, Miaozhuangyanwang benshi pin). Ornement-Merveilleux [roi] (妙莊嚴王, Myoshogonno, Miaozhuangyanwang) : voir Conduite originelle du roi Ornement-Merveilleux (妙 莊嚴王本事品, Myoshogonno honji hon, Miaozhuangyanwang benshi pin). Oryo (Wulong, 烏龍) oshin (corps de manifestation, 應 身, yingshen, nirmanakaya) osho : voir précepteur (和尚, kasho, heshang, upadhyaya) Oshohoshigi ge (stances Des Significations des dharma, 於 諸法之義偈, wuzhufazhiyi jie)Otomabenomikoto (大苫辺尊) : voir sept règnes de divintés célestes. Otonojinomikoto (大戸之道尊) : voir sept règnes de divintés célestes. ouvrir les trois et révéler l’unique (開 三顕一, kaisan kenitsu, jiesan xianyi) : on trouve également comme équivalent l'expression unir les trois et revenir à l'unique (會三歸一, esan kiïtsu, huisan guiyi) et qui désigne également l'ouverture des trois véhicules et la révélation du véhicule unique du Bouddha. C'estle sens principal de la première moitié du Sutra du lotus et notamment du chapitre emblématique de cette partie, le chapitre des Moyens. Nous avons l'ouverture (ou l'élucidation) de ce qui était présenté comme des enseignements distincts destinés à chacun des trois véhicules, auditeurs, éveillés solitaires et bodhisattva, chose qui entraîne la révélation de l'enseignement égal pour tous du véhicule unique du Bouddha. dans le chapitre des Moyens on distingue deux sortes d'ouvrir les trois et révéler l'unique. La première est la façon abrégée (略, ryaku, lue), elle va du début du chapitre jusqu'à la fin de la partie versifiée qui s'achève avec le vers 則生大歡喜 (soku sho daikangi, ji sheng dahuanxi), concevront une grande joie [p 74 dans la traduction du Sutra du lotus de Jean-Noël Robert]. Elle est appelée abrégée car le Bouddha ne fait qu'évoquer le véhicule unique. Cette partie comprend notamment les dix Ainsi. La seconde partie qui commence ensuite et va jusqu'à la fin du chapitre est appelée développée (廣, ko, guang)
car le Bouddha y explicite son projet et la raison de l'apparition des
éveillés. Il ne se livre à cette
révélation qu'après le départ des cinq
mille outrecuidants (cf. chapitre des Moyens).
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